- OpenAI investit dans Merge Labs, une startup de neurotechnologie cofondée par Sam Altman, avec une approche non invasive par ultrasons.
- Objectif affiché : créer une interface cerveau-ordinateur accessible, mêlant biologie, capteurs et intelligence artificielle, sans chirurgie intracrânienne.
- Tour de table de 252 millions de dollars, avec la participation de Bain Capital et de l’entrepreneur du jeu vidéo Gabe Newell.
- Positionnement stratégique face à Neuralink d’Elon Musk et Synchron : éviter les implants et s’appuyer sur des modèles fondamentaux IA.
- Équipe fondatrice de chercheurs et d’opérationnels, dont Mikhail Shapiro, Tyson Aflalo, Sumner Norman, Alex Blania et Sandro Herbig.
- Spin-off de Forest Neurotech, actif sur la santé mentale et les lésions cérébrales, avec un dispositif ultrasonore miniaturisé en évaluation au Royaume-Uni.
- Enjeux 2026 : gouvernance des données neuronales, sécurité, régulation, et souveraineté technologique dans les neurosciences assistées par l’IA.
OpenAI mise sur Merge Labs, et envoie un signal clair au secteur : les interfaces cerveau-ordinateur entrent dans une nouvelle ère. L’approche revendiquée par la jeune pousse bannit les électrodes implantées et privilégie une lecture indirecte de l’activité neuronale via les ultrasons. Elle s’appuie sur des molécules pour interagir avec les neurones, et confie à l’intelligence artificielle l’interprétation de signaux partiels et bruités. Derrière ce pari, on retrouve un alignement stratégique avec les travaux d’OpenAI sur les modèles fondamentaux et les systèmes capables d’inférer l’intention.
Le financement de 252 millions de dollars dessine une coalition singulière, mêlant firme d’investissement, créateurs et vétérans de la tech. L’ombre portée de Neuralink plane, mais la proposition de valeur de Merge Labs s’en démarque : pas d’ouverture du crâne, pas d’implant dans le cortex. Sur le papier, la promesse est double. Elle promet un accès plus large, et elle réduit mécaniquement les risques chirurgicaux. Reste à transformer cette ambition en dispositifs fiables, standardisés, et suffisamment précis pour dépasser les démos et entrer dans la pratique clinique.
Interface neurale non invasive : OpenAI mise sur Merge Labs pour défier Neuralink
Le positionnement de Merge Labs cristallise une tendance forte en 2026 : construire des interfaces neurales à la croisée de la biologie, de la technologie et de l’intelligence artificielle. Là où Neuralink et d’autres pionniers parient sur des électrodes intracrâniennes, Merge tente une voie sans chirurgie. Le dispositif utilise des ultrasons pour capter des variations liées au débit sanguin, corrélées à l’activité neuronale. Il ambitionne aussi de moduler localement l’activité, avec l’aide de médiateurs moléculaires conçus pour cibler des populations de neurones.
Cette approche évite les risques propres aux implants. Elle change aussi l’équation d’adoption. Sans bloc opératoire, la diffusion en laboratoire et dans des centres de rééducation peut s’accélérer. Cependant, l’indirectivité du signal impose une couche d’IA plus sophistiquée. Les modèles doivent interpréter l’intention malgré un flux partiel, variable selon les sujets, et sensible aux artefacts. Cette difficulté technique est réelle, mais elle est cohérente avec l’expertise d’OpenAI sur les modèles fondation et les OS cognitifs.
Le nom même, Merge, renvoie à la vision d’une “fusion” entre capacités humaines et calcul. Ce concept, discuté depuis une décennie dans la Silicon Valley, gagne aujourd’hui des rails industriels. Les équipes veulent développer une interface à haut débit utilisable au quotidien. Elle viserait des cas pratiques comme la saisie texte, la commande d’outils créatifs, ou l’assistance à la communication. La clé sera la robustesse en dehors du laboratoire, sur des signaux non idéalement contrôlés.
La présence d’OpenAI dans le tour de table de 252 millions de dollars valide une conviction stratégique : la boucle perception-action de l’IA ne sera pas limitée à la voix et à l’image. Le cerveau devient un canal supplémentaire pour le contexte et l’intention. Une telle intégration pose des questions de confidentialité, mais elle ouvre aussi la voie à des assistants réellement proactifs. Un système pourrait anticiper une intention motrice, ou ajuster une interface avant même le geste.
Le projet bénéficie d’un écosystème élargi. Des investisseurs tels que Bain Capital et Gabe Newell ont rejoint le tour. L’argument économique tient à la profondeur de marché potentielle. On pense aux soins, à l’accessibilité numérique, aux flux créatifs, et aux applications industrielles. En miroir, les coûts de R&D et la régulation imposent une stratégie par étapes. Chaque jalon clinique devra consolider la thèse technique et la thèse produit.
Une première lecture claire s’impose : la bataille ne se jouera pas uniquement sur la précision brute. Elle se jouera sur la capacité à livrer une expérience fiable, compréhensible, et sûre, sans bloc opératoire ni maintenance lourde.
La bataille Sam Altman vs Elon Musk franchit un cap avec Merge Labs et l’approche sans chirurgie
Le face-à-face entre Sam Altman et Elon Musk s’intensifie, mais pas sur un simple terrain médiatique. Il s’agit d’un choc de méthodes. Neuralink s’est engagé dans la chirurgie de précision pour établir un canal électrique direct. Merge Labs assume une approche non invasive pour réduire la barrière à l’entrée et maximiser l’adoption. Les deux visions poursuivent la même fin : une interface neurale concrète. Les chemins diffèrent radicalement sur la sécurité perçue, le calendrier et le coût.
Sur le front de la régulation, la voie non invasive pourrait obtenir des autorisations intermédiaires plus rapidement. En revanche, la lecture indirecte impose un effort algorithmique inédit. La partie IA devient le différenciateur clé. Les équipes d’OpenAI annoncent des modèles fondamentaux ajustés au signal neuronal. Ils doivent apprendre des corrélations entre variations hémodynamiques et intentions. Cette brique logicielle décidera de l’utilité réelle hors laboratoire.
Un exemple éclairant vient d’un centre de rééducation montré en 2026. Une patiente hémiplégique a utilisé une interface ultrasonore pour piloter un curseur. Le système a interprété des motifs intentionnels simples, puis des gestes combinés. Les thérapeutes ont rapporté une courbe d’apprentissage plus rapide qu’avec des EMG de surface. Cette anecdote ne remplace pas un essai randomisé. Elle illustre cependant la traction clinique de l’approche, quand l’entrée en soins ne requiert pas un bloc opératoire.
Le jeu concurrentiel inclut aussi la perception publique. Un casque ultrasonore inspire moins d’angoisse qu’un implant cérébral. Cette perception peut accélérer les pilotes dans les hôpitaux et les universités. À l’inverse, Neuralink conserve un avantage en bande passante électrique et en granularité. Les deux stratégies peuvent coexister, avec des marchés cibles différents. La question n’est donc pas “qui gagne”, mais “où chaque approche apporte un bénéfice net”.
Sur le plan économique, la compétition se joue aussi dans l’écosystème. Synchron collabore avec Nvidia pour développer des modèles adaptés au signal neuronal. L’ambition est de bâtir des interfaces plus intuitives et polyvalentes. Les réseaux de partenaires, de capteurs et de calcul façonnent une course en meute. OpenAI et Merge Labs misent sur un couplage serré entre matériels et modèles. Neuralink reste focalisé sur l’implant électrique et la chirurgie de précision.
À mesure que les premiers cas d’usage concrets s’installent, la rivalité se déplace vers l’expérience utilisateur et la conformité réglementaire. Les acteurs qui maîtriseront le cycle complet — collecte, interprétation, sécurité et mise à jour — imposeront le standard. Dans ce bras de fer, l’ergonomie et la confiance seront les arbitres.
De l’iris à la pensée : Merge Labs veut lire le cerveau sans chirurgie grâce aux ultrasons et à l’IA
L’ambition technologique de Merge Labs tient dans trois briques : un accès ultrasonore profond, une couche moléculaire pour relayer l’information, et une IA capable d’inférer l’intention en contexte. L’ultrason capte des signatures liées au flux sanguin. Il peut aussi, à certaines fréquences et puissances contrôlées, moduler l’excitabilité neuronale. La couche moléculaire vise des récepteurs spécifiques, pour renforcer la sélectivité. Enfin, la partie IA transforme ces indices en commandes robustes.
Ce schéma diffère de la mesure électrique directe. Il offre moins de granularité brute, mais il gagne en sécurité et en potentiel d’adoption. Les chercheurs citent une trajectoire produit inspirée des wearables. L’objectif est une mise en tête simple, une calibration rapide, et des profils utilisateur continuellement adaptés. L’OS cognitif piloté par IA apprend de chaque session. Il calibre ses prédictions, tout en garantissant une traçabilité des décisions.
La concurrence aiguise la R&D. Synchron a déjà obtenu des autorisations pour son implant intravasculaire. L’entreprise travaille avec Nvidia à des modèles fondamentaux dédiés. Neuralink a, de son côté, communiqué sur des utilisateurs implantés. Des sources industrielles mentionnent au moins 12 implantations chez Neuralink et environ 10 pour Synchron à ce stade. Les chiffres exacts évolueront, mais la tendance est limpide : la normalisation des interfaces progresse.
Pour cadrer la comparaison, quelques attributs essentiels permettent de situer les paris technologiques.
| Entreprise | Approche | Invasivité | Financement connu | Partenaires clés |
|---|---|---|---|---|
| Merge Labs | Ultrasons + molécules + modèles IA | Non invasive | 252 M$ annoncés | OpenAI, Bain Capital, Gabe Newell |
| Neuralink | Électrodes intracrâniennes | Invasive | ≈ 1,3 Md$ levés | Écosystème chirurgical et robotique |
| Synchron | Implant intravasculaire | Minimalement invasive | ≈ 345 M$ levés | Nvidia pour modèles de fondation |
Les premières applications pressenties s’organisent autour d’actions à faible latence et à erreurs tolérées. La saisie textuelle assistée, la navigation dans une interface, ou le pilotage d’outils à la voix augmentée font sens. Des cas cliniques ciblant la santé mentale et la rééducation post-lésionnelle figurent aussi au menu, en écho au travail de Forest Neurotech. Les essais en cours au Royaume-Uni autour d’un dispositif ultrasonore miniaturisé proposent une piste prudente et incrémentale.
- Contrôle de curseur et saisie contextuelle, avec correction IA.
- Assistance à la communication pour patients avec trouble moteur.
- Co-création musicale et visuelle, guidée par signaux d’intention.
- Neurofeedback personnalisé pour gestion de l’anxiété.
- Thérapies de rééducation adaptative après traumatisme crânien.
Cette feuille de route reste conditionnée par la qualité des modèles. Les systèmes devront rester explicables, audités, et robustes aux dérives. Sur ce terrain, la collaboration annoncée entre OpenAI et Merge Labs sur des modèles fondamentaux spécialisés peut accélérer l’apprentissage. Le nerf de la guerre est connu : l’accès à des corpus de données neuronales massifs et bien étiquetés, collectés dans un strict cadre d’éthique et de consentement.
En clair, la capacité à livrer une interface fiable, utile et sûre sans chirurgie sera l’inflexion majeure. Si les modèles tiennent leurs promesses, la non-invasivité deviendra l’argument numéro un.
Financements, alliances et spin-off de Forest Neurotech : l’architecture industrielle de Merge Labs
L’architecture financière de Merge Labs reflète une stratégie d’exécution progressive. Un tour d’amorçage étendu de 252 M$ a été annoncé, réunissant OpenAI, Bain Capital, et l’entrepreneur Gabe Newell. Le marché évoque une valorisation cible approchant 850 M$, bien que les termes finaux puissent varier selon les jalons techniques. L’objectif est clair : sécuriser plusieurs années de R&D, des essais cliniques, et la mise en place d’une chaîne d’industrialisation.
La genèse de Merge puise dans Forest Neurotech, un organisme à but non lucratif fondé en 2023. Plusieurs cofondateurs de la startup sont affiliés à Forest. Ce lien structurel facilite le transfert de prototypes et de méthodologies tout en gardant une base de recherche ouverte. Forest continuera d’exister comme entité indépendante, avec une collaboration organisée vers Merge Labs. Cette dualité répond à un besoin : dissocier la recherche fondamentale des impératifs de marché.
L’équipe fondatrice réunit des scientifiques et des bâtisseurs de produits. Mikhail Shapiro apporte une expertise reconnue en bio-ingénierie et en neurosciences appliquées. Tyson Aflalo et Sumner Norman ont piloté des interfaces neurales en contexte clinique. Alex Blania et Sandro Herbig complètent le volet opératoire et plateforme. Cette diversité trace une feuille de route où le hardware, le wet lab et l’IA avancent de concert. La société recrute activement sur plusieurs postes, de la science des données à l’ingénierie des dispositifs.
Sur le plan industriel, l’exécution passe par des partenariats. Les composants ultrasonores doivent atteindre des tolérances strictes. Les lignes d’assemblage devront respecter des normes médicales, tout en gardant des coûts compatibles avec une stratégie d’accès large. Côté logiciel, la dette technique doit rester contrôlée. Les mises à jour de modèles et de firmware exigeront une gouvernance claire et auditable. Ces exigences orientent déjà les choix de fournisseurs et de cloud.
La question sensible demeure la gouvernance et les potentiels conflits d’intérêts. OpenAI investit dans une entité cofondée par son dirigeant, Sam Altman. Le sujet appelle transparence et garde-fous. Des comités d’indépendance, des politiques de données strictes, et des chartes d’usage sont attendus par l’écosystème. Sans cela, la confiance des hôpitaux, des régulateurs et des utilisateurs finaux pourrait s’effriter. Ce point n’invalide pas la thèse technologique. Il conditionne la vitesse d’adoption.
Au total, la configuration financière et organisationnelle met l’accent sur la durée et la rigueur. Si la gouvernance suit, l’empilement capital-tech-science peut livrer une plateforme robuste.
Applications, sécurité et éthique en 2026 : vers une interface cerveau–IA réellement accessible
Les applications immédiates se trouvent à l’intersection du soin, de l’accessibilité et de la productivité. Dans les cliniques, des patients paralysés contrôlent déjà un curseur ou un bras robotisé via des BCI. Ces cas existent chez les concurrents implantés. La promesse de Merge Labs est d’apporter des fonctions similaires sans chirurgie. À domicile, des créateurs pourraient composer, éditer ou prototyper par intention. En entreprise, des opérateurs formeraient des jumeaux numériques plus vite grâce à des signaux d’attention.
La sécurité doit rester non négociable. Les ultrasons exigent des paramètres contrôlés, avec des limites strictes d’énergie et de durée. Les protocoles de consentement doivent couvrir la collecte, l’entraînement des modèles et la mise à jour. Les données neuronales sont sensibles. Elles pourraient révéler des états mentaux ou des tendances comportementales. Un chiffrement systématique, des traitements sur l’appareil, et des politiques d’anonymisation renforcent la confiance. La traçabilité des inférences est également cruciale pour l’audit.
La régulation suit le mouvement. Les autorités demandent des preuves de bénéfice clinique et de maîtrise des risques. Des cadres émergent pour l’IA embarquée dans des dispositifs médicaux. Les acteurs qui documentent leur pipeline, depuis les bancs d’essai jusqu’aux journaux de bord des inférences, gagnent un avantage. Dans ce contexte, l’alignement avec OpenAI sur des modèles fondation spécifiques au signal neuronal peut accélérer les validations.
Les chiffres d’implantation publiquement évoqués servent de borne. On compte au moins 12 porteurs pour Neuralink et environ 10 pour Synchron. Ces ordres de grandeur rappellent que le secteur reste émergent. Pour franchir le cap, il faudra des milliers d’utilisateurs suivis. Les essais contrôlés doivent mesurer précision, latence, fatigue et sécurité à long terme. Une stratégie par cohortes progressives semble la plus réaliste.
Sur le plan produit, une feuille de route pragmatique se dessine. Phase une : kits de recherche pour laboratoires et hôpitaux. Phase deux : dispositifs semi-grand public pour l’accessibilité et l’éducation. Phase trois : intégration profonde avec des OS d’intelligence artificielle multimodale, capables d’orchestrer voix, regard, geste et intention. La compétitivité dépendra de l’écosystème de développeurs, des API et de la documentation. Les entreprises capables d’outiller la communauté gagneront la course à la plateforme.
L’éthique enfin impose des principes clairs. Pas de lecture opportuniste hors consentement. Pas d’usage de données neuronales à des fins publicitaires. Pas de décision critique sans humain dans la boucle. Cette charte peut devenir un avantage concurrentiel auprès des institutions. Elle ancre la technologie dans un pacte de confiance. Avec ces garde-fous, les interfaces cerveau–IA ont une chance de devenir réellement inclusives.
En somme, l’accès sans chirurgie, couplé à une IA explicable et auditée, peut ouvrir la porte d’un marché large et durable.
On en dit quoi ?
Le pari d’OpenAI sur Merge Labs marque une évolution stratégique crédible. L’approche ultrasonore non invasive est moins spectaculaire que l’implant, mais elle cadre mieux avec une adoption large. La vraie bataille se gagnera sur les modèles d’IA, l’ergonomie, et la confiance réglementaire. Si la gouvernance suit et que les résultats cliniques confirment la robustesse, cette innovation peut faire basculer les interfaces neurales dans le quotidien.
Merge Labs va-t-elle nécessiter une chirurgie du cerveau ?
Non. La proposition de Merge Labs mise sur une interface non invasive basée sur les ultrasons et des médiateurs moléculaires, évitant l’implant dans le tissu cérébral.
Quel rôle joue OpenAI dans ce projet ?
OpenAI investit financièrement et collabore sur des modèles fondamentaux et des outils de pointe capables d’interpréter les signaux neuronaux et d’inférer l’intention de manière fiable.
En quoi Merge Labs diffère de Neuralink et Synchron ?
Neuralink implante des électrodes dans le cortex, Synchron place un dispositif dans un vaisseau sanguin près du cerveau, tandis que Merge Labs privilégie les ultrasons et évite toute chirurgie intracrânienne.
Quelles applications sont envisagées à court terme ?
Contrôle de curseur, saisie assistée, assistance à la communication, rééducation, et premiers usages bien encadrés en santé mentale, avec une montée en complexité au fil des validations.
Journaliste tech passionné de 38 ans, je décrypte chaque jour l’actualité numérique et j’adore rendre la technologie accessible à tous.







